Terminale · Philosophie

Devoir surveillé n°2 — Le désir

Évaluation sur la nature du désir, ses rapports au bonheur et à la raison, à travers les philosophies classiques et modernes.

2h · Difficile · 3 exercices · Barème sur 20 points

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Sujet

Travaille d’abord sans consulter le corrigé. Note tes réponses et les étapes de ton raisonnement.

Exercice 1Comparaison philosophique (7 points)

En quoi la conception épicurienne du désir (satisfaire les désirs naturels et nécessaires) s'oppose-t-elle radicalement à la conception platonicienne (le désir comme manque à combler pour s'élever vers le Bien) ?

Exercice 2Analyse d'une citation (7 points)

« On n'est jamais si heureux ni si malheureux qu'on s'imagine. » (La Rochefoucauld, Maximes). 1. Quel rapport entre le désir et l'imagination cette maxime met-elle en lumière ? 2. En quoi cette idée rejoint-elle la critique spinoziste des passions tristes ?

Exercice 3Problématisation (6 points)

Vous devez introduire une dissertation sur le sujet suivant : « Désirer, est-ce nécessairement souffrir ? ». Rédigez une introduction complète (accroche, analyse des termes, problématique, annonce de plan).

Corrigé et barème

Le total du barème est de 20 points. Les réponses rédigées admettent plusieurs formulations pertinentes ; compare le raisonnement, pas seulement les mots.

Exercice 1Comparaison philosophique : 7 points
Pour Épicure, le désir est un mouvement naturel vers le plaisir, qu'il faut réguler par la raison (ataraxie) en distinguant désirs naturels/nécessaires (à satisfaire) et vains (à éviter). Le but est l'apaisement. Pour Platon, le désir (Éros) est un manque ontologique qui pousse l'âme à rechercher la beauté et la vérité absolues (monde des Idées). Il est une force d'élévation, non de simple satisfaction. L'opposition est donc entre une vision immanente et régulatrice (Épicure) et une vision transcendante et dynamique (Platon) du désir.
Exercice 2Analyse d'une citation : 7 points
1. La maxime montre que notre bonheur ou malheur dépend moins de la réalité de la satisfaction que de la représentation que nous en avons. L'imagination, en amplifiant ou en anticipant, déforme la jouissance réelle et crée une illusion affective. 2. Spinoza analyse les passions comme des idées inadéquates, où l'imagination nous rend passifs. La tristesse naît souvent d'une représentation erronée d'un manque. Pour être libre et joyeux, il faut remplacer l'imagination passionnelle par une connaissance rationnelle et adéquate de nos désirs et de leurs causes.
Exercice 3Problématisation : 6 points
Le désir semble indissociable de la souffrance : désirer, c'est éprouver un manque, une tension vers un objet absent, comme le décrit Platon dans le Banquet. Pourtant, le désir est aussi présenté comme le moteur de toute action humaine, source de créativité et de vie. Cette ambivalence nous conduit à nous demander si la souffrance est la substance même du désir ou seulement un de ses accidents possibles. Nous verrons d'abord en quoi le désir, comme expérience du manque, est essentiellement douloureux. Nous examinerons ensuite les philosophies qui en font une puissance positive de dépassement. Enfin, nous nous demanderons si la sagesse ne consiste pas à transformer la nature de nos désirs pour en faire des sources de joie.

Comprendre, puis réessayer

Repère une erreur précise, explique ce qui t’a manqué et refais l’exercice sans le corrigé. Reprends la notion dans ton cours avant de passer à un autre sujet.

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