Terminale · Philosophie

Devoir surveillé n°5 — La raison et le réel

Contrôle terminal sur les pouvoirs et les limites de la raison dans la connaissance de la réalité.

2h · Difficile · 3 exercices · Barème sur 20 points

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Sujet

Travaille d’abord sans consulter le corrigé. Note tes réponses et les étapes de ton raisonnement.

Exercice 1Étude de texte (Blaise Pascal) (8 points)

« Deux excès : exclure la raison, n'admettre que la raison. » (Pascal, Pensées). 1. Quel est le danger de chacun de ces deux excès ? 2. Comment Pascal propose-t-il, dans les Pensées, de dépasser cette alternative ?

Exercice 2Comparaison épistémologique (6 points)

Comparez les méthodes respectives de la science selon Karl Popper (falsifiabilité) et selon Thomas Kuhn (paradigmes et révolutions scientifiques).

Exercice 3Sujet de dissertation (plan détaillé) (6 points)

Pour le sujet « Peut-on douter de tout ? », rédigez un plan détaillé en trois parties, avec pour chacune 2 ou 3 arguments principaux et les références philosophiques appropriées.

Corrigé et barème

Le total du barème est de 20 points. Les réponses rédigées admettent plusieurs formulations pertinentes ; compare le raisonnement, pas seulement les mots.

Exercice 1Étude de texte (Blaise Pascal) : 8 points
1. Exclure la raison (fidéisme, irrationalisme) conduit au dogmatisme obscurantiste et à la perte de tout critère de vérité. N'admettre que la raison (rationalisme dogmatique) est également un excès, car la raison a des limites intrinsèques (elle ne peut fonder ses propres principes) et ne peut atteindre les vérités du cœur (la foi, l'amour). 2. Pascal propose une raison qui connaît ses propres limites (« raison des effets »). Il distingue l'esprit de géométrie (raison déductive) et l'esprit de finesse (intuition directe). Pour les questions ultimes (Dieu), il faut recourir au pari, qui mobilise à la fois la raison calculatrice et les raisons du cœur que la raison ne connaît pas.
Exercice 2Comparaison épistémologique : 6 points
Pour Popper, la science progresse par conjectures et réfutations. Une théorie est scientifique si elle est falsifiable, c'est-à-dire susceptible d'être infirmée par l'expérience. La croissance est cumulative et rationnelle. Pour Kuhn, la science normale fonctionne dans le cadre d'un paradigme (ensemble de croyances, méthodes, exemples). Les progrès sont limités à ce cadre. Les révolutions scientifiques (comme celle de Copernic) sont des changements de paradigme, qui ne sont pas totalement rationnels et impliquent une discontinuité. Popper insiste sur la logique de la découverte, Kuhn sur la sociologie et l'histoire des sciences.
Exercice 3Sujet de dissertation (plan détaillé) : 6 points
I. Le doute comme méthode nécessaire pour fonder une connaissance certaine. - Le doute hyperbolique de Descartes : douter des sens, du monde, même des mathématiques, pour trouver une vérité indubitable (« Je pense, donc je suis »). - Le doute sceptique antique (Pyrrhon) comme épochè (suspension du jugement) pour atteindre l'ataraxie. II. Les limites pratiques et théoriques du doute absolu. - Le doute doit être volontaire et méthodique (Descartes), pas une attitude de vie permanente. - La réfutation du scepticisme par le sens commun (Reid) ou par le langage (Wittgenstein : on ne peut douter que sur un fond de certitudes partagées). - L'action exige des croyances (il faut bien agir sans certitude absolue). III. La valeur critique du doute raisonnable face aux préjugés et à l'autorité. - Le doute comme arme des Lumières contre le dogmatisme (Kant : « Sapere aude ! »). - Le doute scientifique (Popper) comme moteur du progrès des connaissances. - Distinction entre un doute destructeur et un doute régulateur, qui interroge sans tout anéantir.

Comprendre, puis réessayer

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